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Depuis les cinquante dernières années, la
plupart des sociétés industrialisées ont misé sur la voiture
individuelle comme principal mode de déplacement. La forme urbaine des
villes en a d’ailleurs été fortement marquée, avec les conséquences que
l’on connaît : étalement urbain, construction démesurée d’autoroutes,
de stationnements et de larges voies publiques monofonctionnelles,
pollution, bruit, iniquité sociale et économique au niveau des modes de
déplacements, utilisation inefficiente des ressources, hausse des
maladies cardio-vasculaires et pulmonaires, accidents, décès, etc. Au
Québec, le domaine des transports, automobile en tête, est responsable
de 38 % des émissions de GES, en plus des autres formes de pollutions.
Ces problèmes justifient un accroissement de l’offre de modes de
transport collectif et alternatif pour permettre aux citoyen(ne)s de
choisir des modes plus durables que l’auto-solo lors de leurs
déplacements.
Des
solutions viables en termes de transport existent et touchent tant le
transport des personnes que des marchandises. Elles s’inscrivent dans
des démarches se situant à diverses échelles : locale, régionale,
nationale et même planétaire. Les gains sociaux, économiques et
environnementaux associés aux transports viables, particulièrement dans
une stratégie globale de planification, sont significatifs et
structurants. Le transport viable doit intégrer tous les aspects qu’il
influence et qui l’influencent. Il faut donc voir le transport d’une
manière globale et intégrée, comme une partie d’un tout. De plus, il
faut intervenir tant en amont qu’en aval du déplacement pour tenter de
faire d’un cercle vicieux un cercle « vertueux ». En fait, les
transports viables sont aussi des outils de développement urbain, de
redéveloppement et de requalification des espaces.
Les
transports viables se composent de plusieurs modes de transport. D’une
part, on retrouve les modes motorisés de transport en commun (ou
collectif), comme le bus, le métro, le système léger sur rail (SLR), le
tramway, le train, le véhicule partagé (en covoiturage ou en
propriété), les taxis et les taxibus. D’autre part, on retrouve les
modes de transport alternatif (appelé aussi transports actifs, parce
que leur utilisation nécessite un effort physique) comme la marche, le
vélo et même les patins à roues alignées, la planche à roulettes et la
trottinette. Nous regroupons tous ces modes sous l’appellation
« transports collectifs et alternatifs » ou TCA.
Un
rééquilibrage entre les modes de transports s’impose. Il faut donner
aux modes plus durables la place qui leur revient, pour tous les
avantages qu’ils comportent par rapport à l’auto-solo. Il faut pour
cela donner le choix d’une nouvelle accessibilité et d’une mobilité
plus viable, dont l’automobile fait partie, à tous les membres des
différentes collectivités présentes dans le monde. Une vision, portée
par des visionnaires, doit être mise de l’avant, tant chez les
décideurs que dans la population. Les autorités et les citoyen(ne)s
doivent faire des choix plus durables en termes de transport. Les
divers paliers de gouvernement doivent aussi s’impliquer activement
dans l’application de solutions concrètes et viables touchant le
transport, peut importe à quelle échelle d’intervention l’on se situe.
Enfin, l’information, l’éducation et l’implication de toutes les
composantes d’une collectivité doivent être les premières mesures mises
en œuvre dans l’implantation de politiques et de programmes visant un
transport plus viable. Une sensibilisation de la population est
essentielle à toute action : elle la précède, elle se fait pendant et
elle la suit.
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